MINUSTAH-Syndicat : Quatre employés syndiqués frappés d’interdiction

Le dossier des employés nationaux de la MINUSTAH vient de prendre une autre dimension. L’accès aux locaux de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) à Port-au-Prince a été refusé au président du syndicat des employés du staff local de l’institution, dans la matinée du mercredi 17 février. Parallèlement, trois autres employés déjà en poste de travail, ont été contraints de laisser les lieux sans aucun motif valable.

Joint au téléphone, le président du syndicat, en l’occurrence Anderson Laforêt, a indiqué qu’un avocat est déjà sur le coup. Ils n’ont pas reçu de lettre de révocation, fait-il remarquer. Mais de façon arbitraire, l’accès au bâtiment lui a été refusé, et ses collaborateurs ont été honteusement mis à la porte.

Selon les informations parvenues à la rédaction du journal, les difficultés que rencontrent les employés du staff local de la Minustah datent de plus de trois ans. Ces employés, sous le leadership d’Anderson Laforêt, avaient entamé des démarches dans l’objectif de trouver satisfaction à leur demande. En vue de vulgariser leurs principales revendications, au moins trois pétitions ainsi que des correspondances ont été acheminées aux responsables de la mission en Haïti.
 
Aucune suite utile n’a été donnée à ces démarches, raconte le président du syndicat. À cet effet, ils ont observé deux journées de grève, les mercredi 20 et jeudi 21 janvier dernier, sur tout le territoire national, dans l’unique objectif de mettre à l’épreuve les hauts responsables de la Minustah en Haïti. Au lieu de satisfaire leurs revendications, déplorent les employés, les hauts responsables de la Minustah ont de préférence eu l’idée d’exclure certains des initiateurs du mouvement.

Sous  prétexte que l’institution est en phase de diminution du nombre du personnel, plusieurs employés ont reçu des lettres de renvoi. D’autres ont été contraints de laisser les locaux de la Minustah  sans même recevoir une lettre expliquant les motifs d’une telle décision. Pas moins de neuf personnes, informe M. Laforêt, ont été frappées par cette mesure d’interdiction. Après maintes discussions, cinq d’entre eux ont fini par trouver l’autorisation de pénétrer les espaces de l’institution.

Quant aux cas d’Anderson Laforêt, le chef de file du mouvement, et ceux des trois autres collaborateurs,  ils n’ont pas été pris en considération. M. Laforêt qui croit que cette action est pire qu’une révocation compte porter cette affaire au plus haut niveau afin d’obtenir gain de cause.

Les protagonistes ne comptent pas lâcher prise. Selon leurs témoignages, ils sont victimes de discrimination et d’abus de la part des autorités de la Minustah. Les étrangers, disent-ils, sont rémunérés en monnaie américaine, alors que les employés haïtiens reçoivent leurs salaires en monnaie locale à un taux de référence de 40.38 gourdes pendant que le taux de change actuel est à plus de 60 gourdes pour un dollar.

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