Mobilisation contre les déportations massives d'Haitiens de la République Dominicaine vers Haiti

Face aux déportations massives et illégales des migrants haïtiens et dominicains d’origine Haïtienne en République Dominicaine qui s’intensifient considérablement sur les quatre points frontaliers officiels (Ouanaminthe/Dajabon, Malpasse/Jimani, Belladère/Comendador, Anse-à-Pitres/Pedernales) au cours des mois d’avril et de mai 2017, la Fondation « Zanmi Timoun » croit que seule une mobilisation massive et constante peut conscientiser les autorités haïtiennes et freiner les dérives de la République Dominicaine.

Les déportations qui se faisaient par les autorités dominicaines généralement par l’armée dominicaine et des agents de Cuerpo Especializado de Seguridad Fronteriza (CESFRONT) dans des conditions inhumaines, dégradantes et qui violent les règles minima en matière de protection des droits humains, mérite d’être freiner selon les réflexions de l’organisation. Car les migrants haïtiens qui sont souvent incarcérés dans des champs à Elias Pinas et à San Juan après avoir été arrêtés puis déportés sur la frontière de Belladère dans un piteux état, continuent à être victime en dehors de toutes les Conventions et tous les Accords protégeant leurs droits malgré toutes les démarches de l’Etat haïtien. Et ils sont souvent pour la plupart des enfants, des femmes enceintes qui constituent deux catégories très vulnérables en République Dominicaine. Ainsi, ils représentent une minorité de travailleurs migrants qui contribue à la croissance économique dominicaine.
Au cours de ces deux mois précités, seulement pour le point frontalier de Belladère, la fondation « Zanmi Timoun » a constaté une augmentation considérable de ce flux en comparaison avec les mois précédant. 90 enfants dont 60 petits garçons et 30 fillettes ont respectivement entre 10 et 17 ans sont enregistrés et prise en charge par les animateurs et les animatrices de la Fondation « Zanmi Timoun » à Belladère. Ces enfants sont rapatriés dans un état très critique. Ils sont pour la plupart des enfants orphelins de père ou/et de mère, des enfants « restavèk » à la recherche d’un mieux-être en République Dominicaine avec un voisin ou un inconnu. Offensée de cette situation qui parait normale aux yeux des responsables, la Fondation « Zanmi Timoun » veut conscientiser la population haïtienne autour de la question afin d’interpeller la conscience de nos autorités plus précisément l’administration Moise/Lafontant afin de mettre un dispositif d’accueil dans les points frontaliers.

La République Dominicaine est le pays où est enregistré un grand flux migratoire. Donc, face à cette augmentation de la migration haïtienne, les autorités dominicaines ont pris des mesures, les unes plus drastiques que les autres, pour arrêter ce flux migratoire comme par exemple l’arrêt TC 168-13 de la cour constitutionnelle de 2013. Toutefois, la Fondation « Zanmi Timoun » rappelle, en vertu des protocoles d’accord signés par l’Etat dominicain et des efforts déployés conjointement avec le gouvernement haïtien pour améliorer les rapports entre les deux peuples, certaines décisions prises par les autorités dominicaines devraient faire l’objet d’un dialogue bilatéral et d’un consensus. Et malgré tout, les haïtiens continuent encore à subir des actes répréhensibles de la part des dominicains civils et militaires.

De ce fait, la Fondation « Zanmi Timoun » appelle les citoyens à se mobiliser contre les déportations massives des milliers de familles et des enfants non accompagnés de la République Dominicaine vers Haïti et demande aux autorités haïtiennes de prendre des mesures promptes en vue de freiner cette pratique qui met la vie des enfants en péril. Ceux et celles qui continuent à traverser la frontière avec l’aide des passeurs, en connivence avec des militaires dominicains et bien d’autres personnes, qui tirent de grands profits de cette activité (la traite de personnes). Parce que les enfants victime de la traite sont marginalisés, jetés, abusés à des fins malsaines, violant aussi les droits fondamentaux des enfants.

Au regard des Lois haïtiennes, des Conventions, des Accords, des Traités votés et ratifiés par l’Etat haïtien protégeant les droits des enfants et des catégories les plus vulnérables de la population haïtienne, la Fondation « Zanmi Timoun » demande à l’État haïtien de faire respecter ces postulats pour une société ou règne la justice sociale afin que les droits des plus élémentaires de la société ne soient point bafouées, mais prise en considération effective. L’Organisation demande aussi à l’Etat haïtien de définir un cadre en vue de déboucher sur un dialogue franc avec les autorités dominicaines sur la problématique migratoire qui viole les principes en matière de protection de droits des personnes, particulièrement les mineurs.


Fait à Port-au-Prince, le 17 Mai 2017

Litan DORIVAL
Responsable de Programme
Tel : 50936370633

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