Le Collectif « Défenseurs Plus » prône pour une accessibilité aux services de santé sans distinction et sans discrimination pour toute la population haïtienne

En commémoration à la journée mondiale de la santé ce 7 avril 2016, l'organisme de promotion et de Défense des Droits Humains « Défenseurs Plus » salue le courage des professionnels (les) de la santé qui, par de faibles moyens, continuent à apporter leurs services à la communauté haïtienne, privée de la jouissance du respect de leur droit de santé.

En effet, le Collectif « Défenseurs Plus » constate avec beaucoup d'amertumes et d'indignation la situation accablante de la population haïtienne qui ne bénéficie pas des conditions de vie adéquates pouvant garantir une bonne santé. Ce qui est lié par, les infrastructures des Hôpitaux et des Centres de Santé qui sont déficientes, l'accessibilité aux soins de santé de base qui est très restreinte. De ce fait,  les femmes paysannes ne jouissent pas d'une santé maternelle et infantile de qualité, en plus l'accès aux médicaments est quasiment difficiles vu la cherté de la vie; sans oublier le fait que chaque pharmacie établit son propre tarif pour vendre les médicaments en dehors de tout contrôle des Autorités concernées.
A cet effet, le Collectif  « Défenseurs Plus » croit que la multiplication des laboratoires et des pharmacies n'ayant pas l'autorisation de fonctionnement du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) devient  alarmante et menaçante.
Ainsi, le Collectif « Défenseurs Plus » veut attirer l'attention des responsables concernés sur le trafic de médicaments frelatés qui grandissent dans tous les recoins, non seulement de la Capitale mais également dans les zones rurales du pays. A chaque coin de rue, on trouve un (e) marchand (e)  ambulant qui vend les médicaments sans prescription en plus, des agents de marketing qui, dans les autobus, offrent aux passagers(res) des médicaments comme des produits d'entretien sans penser aux conséquences qu'ils auront sur la santé des consommateurs (trices). De ce constat, le Collectif « Défenseurs Plus » se questionne sur l’irresponsabilité de l’Etat haïtien qui a signé la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui reconnait en son  Article 25 le droit à la santé de la personne humaine: “Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.”
Par ailleurs, l'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti (HUEH), communément appelé " l'Hôpital Général ", qui devrait être le premier centre hospitalier pour desservir la population en offrant ses différents services de qualité, a été détruit lors du tremblement de terre de 2010 et est toujours en phase de reconstruction.  Malgré des salles de consultation partagées par plusieurs médecins, des services installés dans des containers ou sous des tentes, la population souffre de l'incapacité du plus grand centre hospitalier du pays. De plus, son service est politisé, où chaque responsable gère son Département à sa guise, les médecins décident de faire la grève sans penser aux biens être des patients (es). C'est presque le même constat à l’Hôpital universitaire de la Paix à Delmas 33 qui est considéré comme le deuxième plus grand centre hospitalier public de la zone métropolitaine après l'hôpital Général. Beaucoup de patients (es) critiquent le fonctionnement de cette institution.  Une situation qui complique une fois de plus la jouissance du droit à la santé de la population haïtienne.
En plus, le Collectif « Défenseurs Plus »  l'organisme de Promotion et de Défense des Droits Humains rappelle aux Autorités concernées que le Droit à la santé n'est pas un cadeau, mais une obligation envers la population; car, la Constitution Haïtienne de 1987 amendée, en son article 19 stipule que : « L’Etat a l’impérieuse obligation de garantir le droit à la vie, à la santé, au respect de la personne humaine, à tous les citoyens sans distinction, conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme » .
« Défenseurs Plus » rappelle également aux membres du Gouvernement actuel et les parlementaires de la 50ième législature, l'impérieuse nécessité pour que le pays soit d'opté d'une politique de santé publique garantie le droit de la population aux soins de santé, mais surtout à la prévention contre les maladies.
 
 
 
Fait à Port-au-Prince, le 6 avril 2016
 
 
 
 
                                                                                             Fedgens POINT-DU-JOUR                                                                                                                                                                                                                        Secrétaire Général                                    
                                                                                                     Tel : (509) 3758-2342

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