Haiti: Libération de 38 enfants du Centre de Réinsertion des Mineurs

Le parquet de Port-au-Prince a procédé, le dimanche 19 juin 2016, à la libération de 38 enfants du Centre de Réinsertion des Mineurs en Contravention avec la Loi (CERMICOL). Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la lutte entamée depuis environ trois mois par les autorités judiciaires du pays contre la détention préventive prolongée.

Ils sont 38 enfants à trouver leur libération, le dimanche 19 juin, après plusieurs années de détention. La plupart de ces enfants, selon le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, ont été jugés avant de bénéficier de leur libération. En outre, les faits qu’on a reprochés à ces mineurs, d’après Me Jean Danton Léger, n’entrainent pas une peine afflictive et infamante.

Les 38 mineurs mis en liberté par le parquet de Port-au-Prince ont été remis à la directrice de l’Institut du bien-être social et de la recherche (IBESR), Arielle Gentille Villedrouin, qui devra les remettre à leurs parents. Ce sera l’occasion pour la directrice de l’IBESR, de fournir un accompagnement aux parents qui vont retrouver leurs enfants. Une dynamique qui, selon la directrice, consiste à leur fournir de quoi subvenir aux besoins de ces mineurs incarcérés pour la plupart pour des larcins, des vols et des voies de faits.

Les enfants qui n’ont pas de famille seront transférés à des centres qui travaillent en collaboration avec l’Institut du bien-être social et de recherche où ils pourront vivre sainement.

Cette série de libération, à en croire le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Jean Danton Léger, doit permettre à la Justice haïtienne d’être impartiale. Me Léger renouvelle en cette occasion sa détermination à lutter contre la détention préventive prolongée dans le pays. « Il n’est pas normal que seulement 500 des détenus du Pénitencier national soient passés par devant un juge », critique Me Danton.

Le commissaire du gouvernement a profité de cette occasion pour lancer un appel à la responsabilité parentale dans le pays. Dans cette veine, Me Jean Danton Léger annonce que prochainement, quand un enfant commet une infraction, son parent devra fournir des explications à la justice. En outre, informe Me Léger, dans certains cas, le parent pourra même aller en prison pour l’infraction de son enfant.

Le parquet de Port-au-Prince est déterminé à libérer ceux qui ont déjà purgé leurs peines et qui croupissent encore derrière les barreaux dans le pays. Le numéro un de ladite institution annonce une autre vague de libération dimanche prochain, soit le 26 juin 2016, au pénitencier national. Selon le parquetier, plus de 500 détenus de cette prison, qui ont purgé leur peine, seront enfin mis en liberté.

Selon la porte-parole du parquet, Me Mirlande Dupiche Prévost, entre 500 à 700 prisonniers ont déjà trouvé leur liberté grâce à cette initiative du parquet de Port-au-Prince d’en finir avec la détention préventive prolongée dans le pays. Dernièrement, soit le 29 mai 2016, 22 femmes avaient été libérées de la prison civile de Pétion-Ville à l’occasion de la fête des Mères.

Ritzamarum ZÉTRENNE

rzetrenne@lenational.ht

Share this post