L'équité de genre: MTPTC et BID s’unissent

Habilitation des femmes sur les métiers traditionnellement masculins ; formation en développement et en mobilisation communautaire ; orientation dans les domaines spécifiques de santé et d’intégration du genre constituent, entre autres, les objectifs du projet : « intégration du genre, VIH sida et premier soin sur les chantiers des reconstructions de la route Gonaïves-Ennery-Plaisance ». Un projet qui selon Marie Antoinette Toureau, directrice exécutive d’ASED/konesans fanmi, vise à équiper les femmes de ces localités, d’outils techniques leur permettant de devenir le moteur du changement.


Une approche communautaire


Ce projet du ministère des Travaux publics, Transports et Communication exécuté par l’Alliance pour la survie et le développement de l’enfant (ASED/Konesans Fanmi) et financé par la Banque interaméricaine de Développement est une aubaine pour les femmes se trouvant dans les périmètres où, la route des Gonaïves-Ennery-Plaisance se reconstruit. Débuté en octobre 2015, ce projet qui s’étend sur deux ans, accorde la priorité à trois grands axes : la formation des femmes dans le champ des métiers traditionnellement masculins ; les sensibiliser sur les maladies sexuellement transmissibles telles les IST/VIH/Sida et autres en faisant un plaidoyer pour l’équité de genre  et offrir des services de premiers soins aux travailleurs particulièrement, surtout en cas d’accident.


En effet, le centre multi fonctionnel de Konesans fanmi, situé à Ennery, a été aménagé pour servir les gens qui évoluent dans le périmètre. Cinquante-six femmes ont déjà été formées dans les métiers traditionnellement masculins tels : la maçonnerie, la ferronnerie, etc. Une série d’actions qui selon Marie Antoinette Toureau, a pour mission de faire la promotion d’un leadership féminin dans des activités à caractère social. Ces actions constituent également un moyen de porter les femmes vivant dans ces régions du pays à devenir de véritables moteurs de changement.


Pour aider cette catégorie à mieux se protéger, des membres de 25 organisations de femmes de ces villes du pays ont été sensibilisés sur les IST/VIH/sida et d’autres maladies sexuellement transmissibles. Aussi, la problématique de la violence faite sur les gens est une question sensible qui retient l’attention des responsables du projet. À leur tour, ces femmes formées, explique la directrice exécutive de Konesans fanmi, vont reprendre cette formation à d’autres femmes. Ainsi, elles seront en mesure de prendre toutes les précautions nécessaires en vue de réduire les risques de contamination.


Un projet qui répond aux exigences du milieu


Pour mettre sur pied ce projet, la directrice exécutive de konesans fanmi dit partir d’un constat. Quand les hommes laissent chez eux pour travailler sur les chantiers, dans les autres communes du pays, ils se lient aux femmes de ces localités. Une complicité qui, selon la directrice, prend forme le plus souvent à cause de la vulnérabilité économique et sociale des femmes de ces communautés. D’ordinaire, ces femmes se livrent, sans trop de soucis, à ces hommes. Elles leur offrent des services de toute sorte. Ce qui d’habitude entraine, dans une certaine mesure, des risques de contamination et encourage la transmission des maladies sexuellement transmissibles.


Consciente des enjeux que présentent les rapports hommes/femmes sur les chantiers, où des hommes-travailleurs dans la reconstruction des routes, en milieux urbains, l’organisation non-gouvernementale ASED/konesans fanmi, s’inquiète et apporte des solutions pour améliorer leur condition. Les femmes, constate la directrice exécutive de l’ASED/konesans fanmi, sont très vulnérables et deviennent une proie facile pour ces hommes qui, en raison des obligations sur les chantiers, se voient en situation de lier des rapports avec ses femmes. Mis à part cela, il y a une absence de politique nationale en ce qui concerne l’équité de genre.


« Le MTPTC, à travers ce projet, apporte sa contribution dans la mise en œuvre du plan stratégique contre le sida, de manière à aider ces femmes qu’on a l’habitude de rencontrer sur les chantiers et de réduire loyalement leur niveau de pauvreté. Dans la même veine, ce projet priorise l’approche multisectorielle et stratégique dans la lutte contre le sida.


Les résultats, croit Marie Antoinette Toureau, seront bénéfiques pour les femmes de ces zones du pays. Ce qui facilitera une augmentation du pourcentage de femmes à travailler sur les chantiers. Pour y parvenir, elle invite les autres ministères de pays à œuvrer en ce sens pour le bien-être des femmes vivant dans ces localités.


Joe Antoine Jean Baptiste

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