Arnold Antonin : des films pour la mémoire

 À l’approche du 7 février 2016, et compte tenu de la situation politique actuelle, Le National revient sur six films documentaires du réalisateur Arnold Antonin qui traitent de la lutte du peuple haïtien. Ces films, loin de tomber dans l’oubli, continuent encore d’être actuels dans le sens qu’ils conservent la mémoire des oppresseurs et des opprimés ayant marqué l’histoire politique haïtienne durant ces trente dernières années, soit du 7 février 1986 au 7 février 2016. Parcours de ces films majeurs grâce à la collaboration d’Arnold Antonin lui-même, sur son site internet.


Haïti : le chemin de la liberté


Paru en 1975 en noir et blanc, d’une durée de 120 minutes, ce film sorti en français et en créole haïtien, sous-titré en anglais et en espagnol, décrit la lutte du peuple haïtien pour sa liberté, de Christophe Colomb à Jean-Claude Duvalier. Des personnages historiques, tels que Rodolphe Moise, Ulrick Joly, Justin Castera (tous maintenant décédés) appellent à l’unité afin de reconstruire le pays. Il a reçu un prix spécial au 1er festival du nouveau cinéma latino-américain.


GNB contre Attila, ou une autre Haïti est possible


Ce film sorti en 2004 sur DVD, dure 130 minutes, est également en français et en créole avec des sous-titres, voice over en anglais et espagnol. À travers cette réalisation, Arnold Antonin nous aide à comprendre les événements qui ont conduit à la chute d’Aristide. Le réalisateur montre et parfois fait parler les protagonistes, pour ou contre Aristide. Tous les moments dramatiques et douloureux, les affrontements héroïques, mais aussi les moments de grande joie et de fraternité avec un accent mis sur le rôle des étudiants de l’Université, sont montrés dans le film.


Art naïf et répression en Haïti


Arnold Antonin sort en 1976, en couleur, le film Art naïf et répression en Haïti. D’une durée de 45 minutes en français et en créole haïtien, et sous-titré désormais en anglais et en espagnol, ce film raconte l’histoire de la triple exploitation – économique, idéologique, politique – de l’art naïf en Haïti. Dans le film, le réalisateur fait aussi un plaidoyer en faveur de la liberté artistique dans toutes ses formes. Le film a été montré à New York en 2004, à l’ouverture du festival de Haïti on Screen’s Festival. Par la suite, il a reçu un prix spécial au festival de FIFEF, session de la Nouvelle Orléans en 1976.


Gérard Gourgue : l’homme par qui le cours de l’histoire aurait pu changer


En 2012, sur DVD, le film est paru. 122 minutes de projection, en français et en créole, et disponible aujourd’hui avec des sous-titres, voice over en anglais et en espagnol, ce documentaire retrace la période turbulente après la dictature des Duvalier et nous rappelle les luttes pour le changement menées par les forces démocratiques et le peuple haïtien. Tout cela est raconté dans le film à travers un portrait intime de Gérard Gourgue, leader des droits de l’homme, et candidat « gagnant potentiel » de l’élection présidentielle de 1987, mais aussi avec des témoignages des principaux acteurs de l’époque tels que Leslie Manigat, François Benoit, Himmler Rébu. Arnold Antonin a su, à travers ce film, ramener des souvenirs à la fois si proches et si lointains, enfouis dans la mémoire du peuple haïtien.


Le règne de l’impunité


Paru en 2013 sur DVD et d’une durée de 65 minutes, le film est également en français et en créole, avec des sous-titres, voice over en anglais et en espagnol. Pendant les 29 ans de règne de Duvalier, les crimes de masse ont été commis à différents moments, dans différentes parties du pays contre des personnes de toutes les classes et les groupes sociaux, les affiliations politiques ou religieuses et de toutes les nuances de la peau. Au moment où Jean-Claude Duvalier est appelé à la cour, la justice va-t-elle se prononcer en faveur des victimes ? Plus de 50 témoins, pour et contre, ont permis d’examiner cette question dans un puissant face à face.


Témoignages : Pour l’histoire de l’impunité en Haïti


Paru en français en quatre parties, sur DVD et en couleur : Partie 1 : le duvaliérisme ; Partie 2 : Résistance, tortures et crimes contre l’humanité ; Partie 3 : L’impunité après 1986 ; Partie 4 : Le contexte national et international de l’impunité, ce documentaire qui se déroule  pendant environ  quatre heures de temps, reprend dans leur intégrité la plupart des témoignages utilisés dans le film « Le règne de l’impunité » et en présente de nouveau sur les crimes de Duvalier et ceux commis dans la période post-duvaliériste après 1986.  Le célèbre écrivain marocain, Tajar Ben Jelloun, livre également son jugement sur l’impunité.


Jean Emmanuel Jacquet

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